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jeudi 16 octobre 2014

H2O : point marché Octobre 2014

Les marchés se montrent très volatils ces derniers jours, accélérant à partir de niveau pourtant déjà extrêmes : on atteint 2% sur le taux 10 ans américains, 0,7% en Allemagne, et les marchés d’actions ont chuté de 10 à 15% en quelques jours. Le mouvement d’hier, le S&P 500 qui perd près de 3% avec un taux 10 ans qui chute de près de 50 points de base n’a été observé qu’une seule fois, en novembre 2008.
Il est difficile d’expliquer le phénomène par des raisons économiques. Certes, l'Europe, la Chine et quelques autres pays émergents ont tour à tour déçu les attentes. Mais les Etats-Unis continuent d'accélérer, suivis de près par le Royaume Uni. La déflation est évoquée, mais l'argument est discutable puisque la baisse des matières premières dope le pouvoir d’achat des ménages des pays importateurs. Difficile donc d'expliquer un mouvement d'une telle ampleur par un brutal retournement des fondamentaux.
L'explication est en réalité technique. Le mouvement a été déclenché par les fonds spéculatifs qui, après une première partie d'année difficile, ont souhaité verrouiller les maigres gains engrangés en septembre. Agissant de concert, ils ont poussé les desks d’options à ajuster leur exposition, eux qui doivent accompagner les mouvements pour maintenir leur neutralité face au marché. Ce sont eux qui ont provoqué l'accélération de la semaine dernière. Enfin, ces derniers jours il est vraisemblable que nombre d’investisseurs actifs américains aient dû réduire violemment leurs positions. Le phénomène est similaire au printemps 2013: la mesure de risque utilisée, basée sur un historique court le plus souvent, pousse à l’achat après les périodes de calme mais aussi à vendre rapidement à la moindre alerte. Or, ceux-ci étaient très investis car les actions américaines avaient vécu une période de volatilité exceptionnellement basse. L’extrémité du mouvement d’hier semble indiquer que l’essentiel de l’ajustement est fait pour ces investisseurs mais il reste une dernière source d’inquiétude : les obligations des pays périphériques européens. Pour la plupart très stables jusqu’ici, ils ont pris du poids dans le bilan des certaines banques qui pourraient vendre afin de réduire leur risque. Ce n’est que lorsque ce mouvement aura été opéré, ou pas, que le mouvement de nettoyage auquel nous assistons trouvera son terme.
Même si la volatilité restera présente, les fondamentaux retrouverons leur place, et à partir d’une base assainie.  Après avoir souffert des effets néfastes de la baisse des matières premières, nous en verrons les aspects dopant pour la consommation dans les pays développés. Aux Etats-Unis en particulier, le prix à la pompe a chuté de 25% sur 3 mois, soit 100 milliards de dollars de pouvoir d’achat rendus à une économie déjà solide. La période des achats de Noël s’annonce florissante. L’Europe et le Japon subissent le même choc positif, même si leur inertie ne permettra d’en voir les effets que plus tard. Au regard de l’extrême pessimisme actuel, les actifs risqués devrait bien réagir à ces bonnes nouvelles, et les taux d’intérêt intégrer à nouveau le cycle de hausse des taux qui n’est pas remis en cause.


Tout indique que le mouvement est avant tout technique et a provoqué un vaste nettoyage des positions actives, du hedge-fund au gérant, en passant par les banques. Mais les bonnes nouvelles économiques à venir et des niveaux de valorisation redevenus attractifs nous incitent à le considérer comme une opportunité. D'investir progressivement dans les grandes banques européennes, très décotées, à l’approche des résultats de l’AQR. De renforcer les actions japonaises, régulièrement achetées par les fonds de pensions locaux qui voient dans le mouvement récent la possibilité d'entrer à des prix avantageux. De renforcer les protections face à la hausse des taux enfin, car, malgré la volatilité récente, il reste très probable que la Fed doive passer à l'action courant 2015.

Rédigé le 16 octobre 2014 par H2O