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jeudi 1 septembre 2011

Point sur les marchés

Point de Gestion par Lazard

" La forte baisse des marchés actions s’explique par la conjonction d’inquiétudes sur différents plans. Premièrement il s’agit de la conjoncture macroéconomique, avec des statistiques décevantes faisant craindre, principalement aux Etats-Unis, une rechute en récession.
Deuxièmement, les dettes de l’Espagne et de l’Italie ont également été attaquées, ce qui a fait craindre que la situation en Europe devienne incontrôlable. Troisièmement, le débat sur le relèvement du plafond d’endettement aux Etats-Unis a donné l’image d’une classe politique pas à la hauteur et d’un processus de décision paralysé, causes principales du downgrade par S&P.
Sur le premier point, il nous semble que les derniers chiffres décevants reflètent l’impact plus ou moins retardé des deux chocs négatifs qui ont pesé sur l’économie mondiale, à savoir l’augmentation du prix du pétrole et, les perturbations des chaînes de production suite au tremblement de terre du Tohoku au Japon. L’activité devait se redresser durant la deuxième partie d’année, une fois ces chocs absorbés. Les données concernant le mois de juillet aux Etats-Unis confirment d’ailleurs ce scénario, mais le choc de confiance, avec notamment des indices d’activité en nette baisse, jette un doute sur celui-ci. Pour autant, nous pensons, confortés en cela par des inscriptions au chômage quasi stables aux Etats-Unis, que ce choc n’a pas suffi à enrayer l’amélioration de la conjoncture.
Concernant le deuxième point, l’Italie et l’Espagne, bien que fragiles, présentent des situations différentes. Si le niveau de la dette au PIB est élevé, le budget italien présente un excédent primaire en 2011. En Espagne, malgré une rigueur budgétaire importante, le pays affiche une croissance légèrement positive. Par ailleurs, le gouvernement envisage de passer une limite constitutionnelle pour les déficits budgétaires des administrations centrales et locales, mesure soutenue par l’opposition. La décision de la BCE d’intervenir sur les marchés pour lutter contre les spéculations sur les dettes de ces pays a permis d’enrayer l’envolée des spreads.
Sur le dernier point, il est clair que le niveaux actuel de déficit n’est pas tenable. L’opposition tenace des républicains de la chambre des représentants a compliqué les négociations pour aboutir sur un accord a minima qui reporte la question à la suite de l’élection présidentielle. Celle-ci devrait permettre de donner plus de clarté et au parti vainqueur de choisir une stratégie plus claire reposant sur des coupes de dépenses en cas de victoire des républicains ou d’augmentations d’impôts en cas de victoire des démocrates. Par ailleurs, la réserve fédérale s’est engagé à maintenir une politique monétaire extrêmement accommodante pour encore deux ans.
Il est clair que la crise de confiance de cet été va entraîner davantage de rigueur budgétaire en Europe et aux Etats-Unis, ce qui va peser sur la croissance en 2012. Pour autant, le résultat devrait être plutôt celui d’une croissance très modérée qu’un nouveau basculement en récession, les mesures annoncées aux Etats-Unis n’étant pas suffisantes à faire chuter l’activité en récession. L’impact sur les profits des entreprises devrait être limité, la moindre croissance étant en grande partie compensée par des coûts salariaux modérés par un contexte de chômage élevé. La valorisation est toujours très intéressante. A moins de neuf fois les résultats prospectifs douze mois, les marchés actions européens nous semblent offrir des opportunités très intéressantes. "