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vendredi 23 janvier 2015

Le QE, Quantitatif Easing Européen

QE : au-delà des marchés, quel impact pour l’économie réelle ?
Le fameux QE* ou assouplissement quantitatif de la Banque Centrale Européenne (BCE) vient d’être dévoilé par son président, Mario Draghi. Cette nouvelle n’est pas une surprise, Mario Draghi ayant lui-même annoncé ce probable recours face à un risque déflationniste grandissant.
Au vu des chiffres d’inflation de décembre en zone Euro, le QE était devenu inévitable et les marchés s’accordaient ainsi sur un montant de l’ordre de 500 milliards d’euros, seuil en dessous duquel nous risquions une déception…




L’ampleur du QE
S’il n’y avait plus de doutes sur la décision de la BCE de procéder à des rachats d’actifs massifs de dette souveraine, l’ampleur et la forme de cette opération inédite était la grande inconnue. D’autant que des voix discordantes, particulièrement outre-Rhin, se sont fait entendre jusqu’au bout, pour tenter de limiter, voire de proscrire une telle politique.
L’ampleur du programme ne devrait pas décevoir les marchés puisque qu’en se combinant au programme préexistant* la BCE prévoit des achats de dette souveraine et privée de 60 milliards d’euros par mois jusqu’à l’atteinte d’un niveau inférieur mais proche de 2% pour l’inflation. Cet engagement de moyens supérieurs aux niveaux anticipés devrait contribuer à rassurer les marchés.
*Programme d’achat de Covered bonds et ABS
60 milliards d’euros par mois d’achat de dettes souveraines et privées
Plus de 1100 milliards d’euros jusqu’en septembre 2016 et au-delà si nécessaire
Objectif : amener l’inflation à un taux inférieur mais proche de 2%
Achats jusqu’à 25% de chaque émission et 33% maximum de chaque émetteur
Au prorata de la répartition du capital de la BCE



Au-delà du QE, quelles perspectives pour les marchés ?
L’impact du QE sur les marchés devrait être favorable, notamment pour les actions européennes, comme le rebond des derniers jours en atteste. Mais la capacité d’un tel dispositif à stimuler une reprise économique à lui seul est moins évidente si l’on en juge par les deux premiers QE initiés par la FED entre 2009 et 2011.
En revanche, les entreprises européennes vont bénéficier d’une exceptionnelle conjonction d’éléments favorables.



Ce sont en effet 4 moteurs rarement synchronisés qui devraient stimuler la croissance des entreprises européennes :
La baisse de l’euro face aux autres grandes devises
La chute des prix des matières premières au premier rang desquelles le pétrole
Le niveau des taux historiquement bas et destiné à le rester
L’afflux de liquidités lié au QE et l’appétence au risque qu’il devrait générer

Sur un plan macro-économique cette annonce n’est pas réellement un évènement d’ampleur pour les marchés. La bonne nouvelle pour les investisseurs européens réside davantage dans le fait que les prix des actions s’expliquent désormais plus par les fondamentaux des entreprises que par des facteurs macro.


« Un tel programme de rachat d’actifs va maintenir les taux européens particulièrement bas alors que les nouvelles émissions devraient rester faibles en taille. C’est un environnement particulièrement positif pour le crédit Investment Grade et cela se transmettra également au High Yield européen. »

David Simner, Gérant obligataire Europe Fidelity


jeudi 16 octobre 2014

H2O : point marché Octobre 2014

Les marchés se montrent très volatils ces derniers jours, accélérant à partir de niveau pourtant déjà extrêmes : on atteint 2% sur le taux 10 ans américains, 0,7% en Allemagne, et les marchés d’actions ont chuté de 10 à 15% en quelques jours. Le mouvement d’hier, le S&P 500 qui perd près de 3% avec un taux 10 ans qui chute de près de 50 points de base n’a été observé qu’une seule fois, en novembre 2008.
Il est difficile d’expliquer le phénomène par des raisons économiques. Certes, l'Europe, la Chine et quelques autres pays émergents ont tour à tour déçu les attentes. Mais les Etats-Unis continuent d'accélérer, suivis de près par le Royaume Uni. La déflation est évoquée, mais l'argument est discutable puisque la baisse des matières premières dope le pouvoir d’achat des ménages des pays importateurs. Difficile donc d'expliquer un mouvement d'une telle ampleur par un brutal retournement des fondamentaux.
L'explication est en réalité technique. Le mouvement a été déclenché par les fonds spéculatifs qui, après une première partie d'année difficile, ont souhaité verrouiller les maigres gains engrangés en septembre. Agissant de concert, ils ont poussé les desks d’options à ajuster leur exposition, eux qui doivent accompagner les mouvements pour maintenir leur neutralité face au marché. Ce sont eux qui ont provoqué l'accélération de la semaine dernière. Enfin, ces derniers jours il est vraisemblable que nombre d’investisseurs actifs américains aient dû réduire violemment leurs positions. Le phénomène est similaire au printemps 2013: la mesure de risque utilisée, basée sur un historique court le plus souvent, pousse à l’achat après les périodes de calme mais aussi à vendre rapidement à la moindre alerte. Or, ceux-ci étaient très investis car les actions américaines avaient vécu une période de volatilité exceptionnellement basse. L’extrémité du mouvement d’hier semble indiquer que l’essentiel de l’ajustement est fait pour ces investisseurs mais il reste une dernière source d’inquiétude : les obligations des pays périphériques européens. Pour la plupart très stables jusqu’ici, ils ont pris du poids dans le bilan des certaines banques qui pourraient vendre afin de réduire leur risque. Ce n’est que lorsque ce mouvement aura été opéré, ou pas, que le mouvement de nettoyage auquel nous assistons trouvera son terme.
Même si la volatilité restera présente, les fondamentaux retrouverons leur place, et à partir d’une base assainie.  Après avoir souffert des effets néfastes de la baisse des matières premières, nous en verrons les aspects dopant pour la consommation dans les pays développés. Aux Etats-Unis en particulier, le prix à la pompe a chuté de 25% sur 3 mois, soit 100 milliards de dollars de pouvoir d’achat rendus à une économie déjà solide. La période des achats de Noël s’annonce florissante. L’Europe et le Japon subissent le même choc positif, même si leur inertie ne permettra d’en voir les effets que plus tard. Au regard de l’extrême pessimisme actuel, les actifs risqués devrait bien réagir à ces bonnes nouvelles, et les taux d’intérêt intégrer à nouveau le cycle de hausse des taux qui n’est pas remis en cause.


Tout indique que le mouvement est avant tout technique et a provoqué un vaste nettoyage des positions actives, du hedge-fund au gérant, en passant par les banques. Mais les bonnes nouvelles économiques à venir et des niveaux de valorisation redevenus attractifs nous incitent à le considérer comme une opportunité. D'investir progressivement dans les grandes banques européennes, très décotées, à l’approche des résultats de l’AQR. De renforcer les actions japonaises, régulièrement achetées par les fonds de pensions locaux qui voient dans le mouvement récent la possibilité d'entrer à des prix avantageux. De renforcer les protections face à la hausse des taux enfin, car, malgré la volatilité récente, il reste très probable que la Fed doive passer à l'action courant 2015.

Rédigé le 16 octobre 2014 par H2O



jeudi 19 décembre 2013

Réserve Fédérale Américaine : équilibre, confiance, visibilité

La Fed a annoncé lors de sa réunion de politique monétaire de décembre qu’elle allait commencer à réduire ses achats d’actifs à partir du mois de janvier . La réduction de l'injection d'argent sera de 10 milliards de dollars (sur 85).
Lors de la session de questions réponses, Ben Bernanke a précisé qu’il escomptait une réduction supplémentaire des achats d’actifs de la Fed lors de tous les prochaines réunions du comité de la reserve Fédérale. Au rythme actuel, cela signifie que la Fed sous-entend qu’elle arrêtera son action seulement au 4e trimestre 2014.

La décision de la Fed constitue une très bonne nouvelle à plusieurs niveaux : 

 - Cette décision est bien équilibrée : d’un côté, la Fed réduit la liquidité mais d’un autre côté elle maintient un discours très accommodant et préserve sa flexibilité. Elle insiste en particulier sur le fait que le rythme du tapering n’est pas prédéfini (tapering : suppression de l'aide à l'économie US depuis la crise par injection massive d'argent). Qui plus est, elle renforce son niveau de décision sans contrainte : le seuil strict de 6.5% du taux de chômage est désormais caduc, puisque la Fed indique qu’il faudra que ce seuil soit bien enfoncé pour qu’elle commence à relever ses taux directeurs. Il faudra probablement attendre un seuil de 6%, soit la fin de 2015 au rythme actuel, pour qu'elle monte ses taux. Le tapering sera donc très graduel.

- Cette décision est un signal de confiance : malgré un discours prudent, la Fed juge l’économie suffisamment solide pour résister à la réduction des injections de liquidité. Cela vaut également pour le marché immobilier : en effet, la réduction des achats de la Fed est également répartie entre Treasuries et MBS.

- Cette décision redonne de la visibilité aux investisseurs, à la fois sur le montant et la durée du tapering. Le tapering était l’épouvantail des marchés ; l’incertitude est désormais levée.  Ces éléments permettent au total de limiter les pressions haussières sur les taux longs et offrent nettement plus de visibilité sur l’évolution de l’environnement monétaire.

Pour les entreprises, signalons que c’est l’ensemble de la politique économique qui s’est éclaircie hier, puisque le Congrès a entériné l’accord budgétaire conclu la semaine dernière entre républicains et démocrates. Cela devrait se traduire par une nette accélération de l’investissement des entreprises. 

Source : Exane

jeudi 10 octobre 2013

Stratégie d'allocations d'actifs

Voici un extrait des convictions du mois de Edmond de Rothschild Asset Management :

"Dans un contexte de reprise économique plus synchronisé avec une inflation très faible, où les banques centrales vont garder un biais accommodant, où les valorisations relatives des actions par rapport aux marchés obligataires sont, sans équivoque, favorables aux actions, où le mouvement mondial des fusions/acquisitions tant attendu semble prendre son envol, nous favorisons les actions au détriment des liquidités au sein de notre allocation d’actifs.

Le rattrapage des actions européennes vis-à-vis des actions américaines continue de se poursuivre et nous estimons qu’il reste encore un peu de potentiel. En effet, les actions européennes conservent une décote relative importante, un regain d’activité du Vieux Continent après une période de restructuration intense laisse espérer un rebond significatif des profits. Nous maintenons donc une vue positive sur les actions que nous exprimons par une surpondération de l’Europe.

Nous ne marquons pas notre préférence sur les actions européennes avec un score plus élevé en raison du retour du risque politique, comme en Italie, et des craintes que nous nourrissons sur l’ampleur du rebond conjoncturel européen.

La décision du Premier ministre japonais, M. Abe, de mettre en œuvre une hausse de la TVA de 3 points l’an prochain nous amène à repasser à neutre sur les actions japonaises. Il est toutefois probable que cette hausse de la TVA soit en grande partie compensée par une baisse de l’impôt sur les sociétés, avec des facilités pour les entreprises qui accorderont des augmentations de salaires, ainsi que par d’autres mesures. 

La décision de la Réserve Fédérale de ne pas amorcer la réduction de ses achats d’obligations a suscité un net rebond du marché obligataire, amplifié plus récemment par les craintes d’impasse budgétaire aux Etats-Unis. 

A nos yeux, le scénario le plus probable demeure la résolution de la crise politique car les conséquences d’un échec seraient bien trop importantes pour ne pas avoir des répercussions extrêmement négatives sur les responsables d’un tel fiasco. Par ailleurs, le scénario de reprise américaine est toujours valide.
Autrement dit, il y a de sérieuses chances pour que, très prochainement, la question du tapering et implicitement du resserrement monétaire de la Fed revienne en force. Toutefois, le discours de M. Bernanke lors du dernier FOMC rappelle à quel point, indépendamment du tapering, la Fed sera très prudente sur sa politique de sortie de crise, ce qui limite franchement le potentiel de remontée des taux longs."


jeudi 12 septembre 2013

Août 2013 : Cyclones pour les pays émergents, anticyclone en Occident

Finalement, la chaleur estivale du mois d’août n’a pas tourné à l’orage, tout juste avons-nous eu quelques averses pour nous rafraîchir et nous revitaliser ! Les marchés se sont laissé porter par des statistiques économiques plutôt rassurantes, mettant ainsi de côté les motifs d’inquiétude.
Cette bonne météo sur les pays occidentaux contraste avec les cyclones ayant frappé les pays émergents. Les anticipations de reflux des interventions de la Fed sont déjà à l’origine de nouveaux courants financiers, sources de fortes perturbations. Après s’être posées dans les Émergents, les liquidités déversées depuis des
mois par les autorités américaines retrouvent le chemin de la maison, voire traversent l’Atlantique en direction de l’Europe.
La hausse programmée des taux justifie moins la prise de risque sur les pays émergents, alors même que les États-Unis et l’Europe consolident leur économie. C’est donc tout naturellement que les marchés actions européens ont atteint leur plus haut avant de refluer en fin de mois, contrairement aux Émergents qui ont lourdement chuté corollairement à leur devise.

Source : Montbleu Finance

lundi 1 juillet 2013

Lueur d’espoir : le retrait progressif des mesures de la Fed signale une accélération de la croissance économique américaine

L’annonce selon laquelle la Réserve fédérale prévoit de modérer ses rachats de bons du Trésor a provoqué une tempête à Wall Street, générant de l’instabilité sur les marchés américains. Presque invisible dans tout ce chaos, une lueur d’espoir est pourtant là : la Fed juge que l’économie s’est probablement assez rétablie pour pouvoir voler de ses propres ailes.
Actuellement, elle achète 85 milliards de dollars de bons du Trésor et de titres adossés à des crédits immobiliers par mois. C’est en 2008 qu’elle a commencé à racheter de la dette à long terme pour favoriser une baisse des taux d’intérêt à long terme et encourager les investisseurs à opter pour des actifs plus risqués comme les actions et l’immobilier.
Plus de quatre ans plus tard, la stratégie de la Fed semble avoir porté ses fruits : le marché actions américain s’envole et les ventes immobilières progressent. Rien de surprenant donc, qu’elle ait annoncé son intention de commencer à modérer ses rachats d’actions. Il faut probablement voir d’un bon œil le fait que la Fed ait au moins avisé les marchés de son changement potentiel de politique.

« Keep Calm and Carry on » :
Les investisseurs obligataires seront clairement affectés lorsque les taux des bons du Trésor augmenteront du fait du changement de politique de la Fed. Cela dit, certains craignent qu’ils ne remontent à l’aveuglette, engendrant par la même occasion le chaos sur les marchés. Ce phénomène a peut-être d’ailleurs déjà commencé : en mai, les bons du Trésor à 10 ans ont essuyé leur plus forte perte mensuelle depuis 2009, ce qui porte leur rendement à 2,23 %, le plus élevé depuis avril 2012.

Retour à l’essentiel :
Malgré les craintes de modération du programme de rachat d’actifs de la Fed, la performance des obligations d’entreprise reste tributaire de facteurs traditionnels, c’est-à-dire les fondamentaux basiques des bilans. Les entreprises affichent généralement les meilleures performances dans une économie assortie d’une stable mais positive. Et heureusement, cela correspond à l’environnement dans lequel la plupart des entreprises américaines se sont récemment retrouvées. Tant qu’elles maintiennent leur liquidité et qu’elles conservent des bilans sains, nombreux sont les risques actuels qui peuvent être réduits.

Selon Eric Takaha de Franklin Templeton « Les résultats des entreprises américaines ont ralenti et les marges bénéficiaires ont atteint un point haut, ce qui a fait apparaître quelques craintes d’une dégradation de la situation. Cela dit, vu la situation actuelle, nous pensons que les entreprises sont plutôt bien positionnées. Alors sur quoi faut-il canaliser notre attention ? Qu’est-ce qui nous tient éveillé jusque tard dans la nuit ? Ce sont généralement l’économie et les résultats, mais si l’on considère le reste de l’année 2013 et l’année prochaine, nous nous sentons relativement à l’aise avec ces fondamentaux. »

source : Franklin Templeton

lundi 27 mai 2013

Les mauvaises nouvelles ne remettent pas en cause le scénario de reprise

Après trois mois d’une dynamique encourageante, la croissance mondiale a, sur le mois écoulé, suscité quelques inquiétudes quant à sa pérennité. Néanmoins, ce fléchissement apparaît comme une simple baisse de régime et ne préfigure pas un retournement de tendance.

La croissance mondiale a montré de nombreux signes de fébrilité sur le mois d’avril. Toujours dans la même posture, la zone euro a continué d’égrener son chapelet de mauvaises nouvelles. Parallèlement, les deux moteurs économiques que sont les États-Unis et la Chine ont fait état d’une baisse de régime. Chiffres et statistiques sur l’emploi et l’activité manufacturière ont fait ressurgir les craintes de déflation.

Les inquiétudes entourant un éventuel retournement sont loin d’être justifiées. Si les statistiques du mois d’avril ont surpris, la déception qu’elles ont suscitée est à relativiser. Le fléchissement de l’activité aux États-Unis tient surtout au contrecoup des mesures de resserrement budgétaire. Mais cela ne remet pas en question la robustesse de la croissance américaine tirée par une forte demande intérieure. Par ailleurs, le recul significatif et continu des matières premières s’annonce comme un soutien précieux à la croissance mondiale.


Le changement anime désormais le Japon et, dans une moindre mesure, l’Europe. Déterminée à soutenir la croissance nippone, la Banque Centrale s’est lancée dans une politique quantitative d’ampleur qui tend déjà à redonner confiance aux agents économiques japonais. De son côté, la zone euro, consciente que la rigueur a ses limites, évolue vers un momentum plus souple en accordant un délai supplémentaire à certains pays pour réduire leur déficit.


source : Fidelity